Les jeux sur l’Histoire de l’art ont beau être peu nombreux, ils couvrent tout de même plusieurs thématiques.
J’en ai relevé trois principales :
- La gestion d’une galerie d’art
- L’aventure au musée
- Les inclassables
Les trois thématiques utilisent des matériaux et des mécanismes différents, mais qui restent assez cloisonnés. La création d’une œuvre d’art ne jouera, par exemple, jamais sur l’enchère.
Gestion d’une galerie d’art
La gestion d’une galerie est le thème que l’on retrouve le plus dans les jeux sur l’histoire de l’art
Il peut être entièrement basé sur la gestion comme Masters Gallery ou intégrer un mécanisme d’enchères (Modern Art). Bruxelles 1893 y ajoute aussi de la pose d’ouvriers.
La plupart du temps, le joueur incarne le gérant d’un musée ou un critique d’art et doit spéculer sur la valeur d’artistes. Le but est d’acheter des œuvres et de jouer avec la valeur fluctuante de chacune.
Le jeu peut être basé sur des œuvres réelles ou fictives (Bioutifoul) et s’intéresser à l’art dans sa globalité ou sur une période précise. Dans Serengeti, c’est l’art africain qui est à l’honneur.
Bioutifoul place le joueur à la tête d’une galerie d’art. Il introduit quatre artistes : Alice, Sunny, Heinrich, et Rodrigo. Le but du jeu est d’influencer leur cote pour acheter ou revendre leurs œuvres au bon moment. Le gagnant est celui qui a monté les expositions les plus prestigieuses.
Aucun plateau ne représente de musée ou de galerie, le jeu se base entièrement sur des cartes. Les œuvres de chaque artistes ont été créées par des illustrateurs différents.
Aventure au musée
L’aventure au musée est le thème qui se réfère le moins à l’Histoire de l’art. Le musée est souvent le lieu de l’action et peu de références sont faites aux artistes ou aux œuvres.

Le signe des anciens
Dans Le signe des anciens, c’est un endroit mystérieux, sombre, dans lequel se cachent des atrocités. Les cartes représentent les différentes salles et le joueur doit y déplacer son pion pour résoudre des problèmes. Le jeu étant basé sur les dés, il faut réaliser des combinaisons avec un nombre limité de jets.
Des phrases présentent sur les cartes permettent de se mettre dans l’ambiance. Elles rappellent le lieu dans lequel on se trouve, mais restent tout de même assez vagues. L’action aurait tout aussi pu se dérouler ailleurs.
Mystery Museum: The Biblical Artifacts Detective Game est une sorte de Cluedo qui se passe dans un musée biblique. Le plateau montre certaines salles comme le café, la boutique souvenir ou la salle du Nouveau Testament. Six personnages sont accusés du vol d’un artefact. Ces personnages n’ont pas de nom, ils sont simplement définis par leur profession (touriste, professeur, archéologue, journaliste, millionnaire et étudiant). Le but du jeu est de trouver le voleur, l’objet volé et l’endroit ou le vol a eu lieu.
Le musée est ici un prétexte pour parler de la Bible et enseigner la religion aux enfants. Il permet de regrouper différentes époques en un même lieu.
Clue: The Great Museum Caper est un jeu en « tous contre un ». Un joueur incarne le voleur et les autres tentent de l’attraper. L’action se passe dans un musée d’art privé équipé de caméras et de détecteurs de mouvement. Le voleur gagne si il parvient à voler trois tableaux et à s’enfuir. Contrairement aux deux autres jeux, le musée fait partie intégrante du jeu. Il est d’ailleurs représenté par un plateau en trois dimensions avec des fenêtres et des portes facilement identifiables. Les tableaux sont des tuiles en carton placées dans les pièce sur des supports en plastique. Ils sont basés sur de véritables tableaux et font référence à des artistes comme Picasso, Magritte, ou Warhol.
Les inclassables

Le jeu des grands peintres
Certains jeux n’entrent pas dans ces catégories et s’éloignent des modèles. C’est le cas du Jeu des Grands Peintres, une sorte de Trivial Pursuit qui demande aux joueurs de reconnaitre des tableaux. Il exige une certaine connaissance et n’est pas facilement accessible.
Peu de jeux se penchent sur la créations d’œuvres d’art. Cubist est un jeu qui ressemble énormément à Blueprint. Les joueurs incarnent des architectes qui tentent de construire le nouveau musée d’art moderne et d’y intégrer les meilleures œuvres. Ils peuvent faire appel à des artistes de l’époque comme Juan Gris ou Franz Marc.
Les dés, présents en quatre couleurs, sont la mécanique principale du jeu. Il faut les empiler et les poser les uns à côté des autres suivant des modèles précis.
Dans What the Fake, les joueurs doivent dessiner trois variations sur un thème. Ainsi, si le thème est « île désert », ils pourront faire un palmier, une noix de coco ou encore un radeau. Étant des artistes, ils se doivent de réaliser une œuvre unique et leur dessin ne doit en aucun cas ressembler à celui d’un autre. Mais des faussaires ont infiltré les artistes et leur but diffère : ils doivent réaliser les mêmes œuvres que les autres.
Chaque groupe marque donc des points différemment.

Bauhaus
Bauhaus n’est pas à proprement parler un jeu de création d’œuvre, mais il y fait penser. Il est basé sur du contrôle de territoire à l’aide de bâtonnets et de tuiles.Presque minimaliste, le jeu laisse une grande part au hasard.