Compte rendu

Chroniques d’un Vampire Millénaire – Amaury

19 septembre 2026  ·  Lecture : 13 min

Chroniques d’un Vampire Millénaire est un jeu de rôle solo dans lequel nous incarnons un vampire. Le jeu nous propose différentes situations, qui nous permettent de construire son parcours au fil des siècles.

A chaque étape, un dé 10 et un dé 6 sont lancés. Le résultat du dé 6 est soustrait à celui du dé 10, ce qui indique de combien de numéros avancer (ou reculer) dans le livre. Une nouvelle situation apparaît alors, qu’il faut intégrer au récit.

Notre personnage évolue ainsi, rencontre de nouvelles personnes, accumule des souvenirs et en perd certains. Il n’y a pas d’objectif à atteindre ni d’ennemi à vaincre : le but est simplement de créer son histoire.

Dans cette partie, je joue Amaury, un jeune noble accusé à tort d’un crime qu’il n’a pas commis.

Acte I
XIVe siècle

L'honneur de Valmont

Je m’appelle Amaury de Valmont.

Je suis le fils cadet de la famille de Valmont. Depuis quelque temps, je suis en fuite, accusé d’un crime que je n’ai pas commis. Je ne sais pas encore qui est le véritable coupable, mais je compte bien le découvrir et laver mon honneur.

Certains souvenirs de mon enfance me reviennent avec netteté.

Je me souviens de la première fois où Eudes m’a accompagné à Beaufort, après que le domaine m’a été offert pour mon quinzième anniversaire. J’étais fier de posséder enfin un endroit qui n’appartenait qu’à moi. Beaufort est rapidement devenu un lieu auquel je tenais beaucoup.

Hugues m’entraînait à l’épée. La toute première fois, j’ai fait beaucoup d’erreurs, mais je refusais d’abandonner. Je lui ai juré que je deviendrais meilleur que lui.

Mon père, lui, m’a appris l’histoire des armoiries de notre famille. Chaque élément qui les composait racontait une partie de notre histoire. J’écoutais attentivement. Je voulais connaître cette histoire et être digne de ceux qui m’avaient précédé.

Acte II
XIVe siècle

La damnation

Puis tout bascule…

Alors que je suis toujours en fuite, je croise la route d’un homme nommé Arnaud de Clairvaux. Il se présente comme un ancien juge devenu Immortel. Il prétend être capable de discerner la culpabilité des hommes et décide de me juger pour le crime dont je suis accusé.

Le procès est une parodie de justice. Je tente de me défendre, mais Arnaud a déjà rendu son verdict.

Il me déclare coupable et prononce ma condamnation : puisque les mortels n’ont pas réussi à me punir, il fera de moi un Immortel. Je serai condamné à la damnation éternelle pour mon crime.

Avant que je puisse réagir, il plante ses crocs dans ma gorge.

Je pense que je vais mourir.

Pourtant, je me relève.

Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je devrais être mort. Je croise mon reflet et découvre mes yeux entièrement noirs. Je recule, effrayé par ce que je vois. Je comprends alors ce qu’Arnaud voulait dire par damnation éternelle. Je ne suis pas mort. Il m’a condamné à vivre éternellement loin de Dieu, comme un damné.

Acte III
XIVe-XVe siècle

Le meurtrier

Je fuis Arnaud et retourne à Beaufort. Anette m’accueille comme autrefois. Mais quelque chose en moi a changé. Une faim terrible me submerge et je me jette sur elle.

Je bois son sang.

Je la vide entièrement avant même de comprendre ce que je suis en train de faire.

Quand je reprends mes esprits, Anette est morte.

Eudes est mort lui aussi. Mon frère a découvert ce que je suis devenu et s’apprêtait à me dénoncer. Dans la panique, l’ai tué avant qu’il n’en ait le temps.

Je ne veux pas croire que je suis devenu un meurtrier, mais les faits sont là. J’ai tué Anette. J’ai tué mon propre frère. Je commence à me demander si Arnaud n’avait pas raison de me condamner.

Je ne peux plus rester à Beaufort. Je prends la fuite, sans savoir où aller.

Je remarque bientôt que mes ongles se sont allongés. Ils ressemblent maintenant à des griffes, comme ceux de mon créateur. Manipuler les objets devient difficile. Je laisse tomber plusieurs choses et m’énerve contre cette nouvelle gêne.

Mes yeux me posent un autre problème. Je ne peux pas me permettre de laisser les mortels les voir. Pour les dissimuler, je me fabrique alors une monture rudimentaire avec de simples verres maintenus par une ficelle. Ce n’est pas très élégant, mais ça suffira.

Pour me protéger, je recueille un orphelin. Il me sert désormais et garde mon corps pendant la journée. Je me sens plus en sécurité avec lui à mes côtés.

Mais Anette ne disparaît pas complètement de ma vie. Elle m’apparaît en rêve pour me maudire.

Depuis, mes ongles sont devenus noirs. Je deviens, moi aussi, aussi noir que mon âme.

Un soir, je vois une femme se noyer. Je me jette à l’eau pour la sauver. Elle parvient pourtant à comprendre que quelque chose ne va pas : je ne respire pas.

Elle hurle.

Je m’enfuis. Même lorsque j’essaie de faire le bien, ma nature finit par me trahir. Je ne suis plus l’homme que j’étais.

Les années passent, puis les décennies. Je traverse tout cela dans une sorte de brouillard, sans vraiment savoir ce que je suis devenu.

Je suis un meurtrier. Ma quête pour laver mon honneur me semble désormais bien futile.

Acte IV
XVe siècle

La justice des damnés

Mes vêtements démodés éveillent les soupçons et je suis arrêté pour être interrogé. Le soleil levant a bien failli me tuer. Je m’en sors de justesse, le corps presque entièrement calciné.

Sur la route, je rencontre un marchand qui me propose un étrange artefact. Il prétend qu’il pourrait changer le destin du monde.

Je l’achète. Avec le recul, je crois que je me suis fait avoir.

La faim me consume toujours. Je fais de mon mieux pour conserver une part de mon humanité. Je tente de ne boire que ceux qui le méritent.

Peu à peu, je trouve un nouveau but.

La rédemption.

Je décide de rendre la justice de la manière la plus impartiale possible. Pendant plusieurs générations, je m’installe comme une figure d’autorité. Je juge ceux qui commettent des crimes et je les punis de la peine de mort. Puis je bois leur sang, faisant de ma soif leur sentence.

C’est ma manière de donner un sens à ce que je suis devenu.

Je croise un jour la route d’un autre Infant d’Arnaud. Lui aussi est condamné à la non-vie.

Je connais ses crimes et je tente de le punir pour ce qu’il a fait. Mais il parvient à s’enfuir avant que je puisse exécuter la sentence.

Pour la première fois depuis longtemps, quelqu’un échappe à ma justice. Je comprends alors que je ne suis pas le seul à porter cette malédiction.

Acte V
XVe siècle

La quête de rédemption

Je commence aussi à regarder mon propre reflet autrement.

Dans le miroir, je vois enfin ce que je suis réellement : un être condamné à la damnation éternelle pour ses crimes.

Je parcours alors mes terres à la recherche de connaissances sur l’occulte. Je veux comprendre ce qui m’est arrivé. Peut-être existe-t-il quelque part une piste qui pourrait me permettre de trouver la rédemption que je cherche.

Mais les mortels changent.

Malgré tous mes efforts, ils finissent par limiter la peine de mort aux crimes les plus graves. Je ne peux plus rendre la Justice aussi facilement qu’avant.

Je dois désormais agir discrètement.

Acte VI
XVIe siècle

Anna

C’est à cette époque que je commence à échanger des lettres avec la Comtesse Anna de Bellerive.

Elle est intelligente, cultivée. Ses lettres me fascinent. J’attends chacune d’elles avec impatience.

Je dois absolument la rencontrer.

Je crois que je suis amoureux.

Mais il y a un problème.

Je ne peux pas me présenter devant elle sous le nom d’Amaury de Valmont. Amaury de Valmont est mort depuis deux cents ans.

Sur le chemin qui doit me conduire jusqu’à elle, je décide donc de changer de nom.

Désormais, je suis Amaury de Vauclerc.

Mon voyage est pourtant retardé par un conflit entre deux familles nobles. Leurs fils aînés sont amoureux de la même jeune femme et leurs familles ne savent pas comment régler la situation.

Je leur propose un duel.

Le perdant me servira de paiement.

Sur la route, je pense souvent à Beaufort. Je n’ai jamais oublié mon domaine et, malgré les siècles qui passent, je ne parviens pas à me résoudre à le perdre définitivement.

Peu à peu, une idée me vient.

Je vais élever un garçon comme mon fils et faire en sorte qu’il épouse la fille unique de la famille qui occupe actuellement Beaufort.

Les mortels peuvent être manipulés.

Il suffit d’être patient.

Et j’ai toujours été bon dans ce domaine.

Un autre jour, je me cache dans le sous-sol d’une vieille bâtisse abandonnée pour attendre la nuit. Je suis réveillé par les pleurs d’un enfant.

Des jeunes de son village le persécutent.

Je m’occupe du problème à ma manière. Je leur révèle ma véritable nature et leur explique que, s’ils recommencent, je ne serai pas aussi clément la prochaine fois.

Je reprends ensuite ma route.

Mais je suis attaqué par des bandits. Ils ne représentent pas une véritable menace pour moi et je me débarrasse facilement d’eux.

Pourtant, lorsque je poursuis mon chemin, je découvre que mon journal a disparu. Je pense immédiatement à Louis, l’autre Infant d’Arnaud.

Je ne sais pas comment il a réussi à me le voler, mais je suis certain qu’il s’agit d’un acte de vengeance.

Pour rejoindre Anna plus rapidement, je décide de voyager en carrosse pendant la journée. Je reste caché dans une grande malle, gardée par mon serviteur.

Ce n’est pas confortable, mais c’est pratique.

Après plusieurs semaines de voyage, j’arrive enfin auprès d’Anna.

Je suis persuadé qu’elle va m’accueillir chaleureusement. Après toutes les lettres que nous avons échangées, je crois qu’elle ressent pour moi la même chose que moi pour elle.

Mais lorsque je me présente devant elle, tout change. Elle découvre ce que je suis. Mon apparence l’effraie et elle comprend qu’elle a devant elle un homme damné.

Elle lance ses hommes à ma poursuite.

Je dois fuir et me cacher dans les taudis.

Acte VII
XVIe siècle

La vengeance

Les hommes d’Anna finissent par me retrouver alors que le soleil commence à se lever. Mon corps s’engourdit peu à peu et je sens la brûlure du jour approcher.

Je fuis comme je peux jusqu’à une ancienne mine abandonnée. J’y récupère lentement de mes brûlures. Je décide de rester caché ici quelque temps, loin des hommes d’Anna.

Pour mes rares interactions avec les mortels, je prends une nouvelle identité : Valère, un vieil ermite.

Je crois enfin être en sécurité.

Mais Gilbert, l’un des hommes d’Anna, me retrouve à nouveau.

Je le tue pour me protéger.

Je suis épuisé et blessé. Toute la rage que j’ai accumulée finit par sortir sans que je cherche à la retenir.

Dix ans passent.

Pendant tout ce temps, je prépare ma vengeance contre Anna.

Je provoque un conflit entre sa famille et une autre famille noble. Puis je manipule les deux camps jusqu’à ce qu’Anna perde tout.

Sa fortune disparaît. Son pouvoir aussi. Je considère que justice est faite, et je m’en réjouis.

Mais ça ne me suffit pas.

Qu’Anna perde sa fortune ne change rien au fait qu’elle est coupable. Elle doit payer personnellement pour ce qu’elle m’a fait. Je ne peux pas simplement la laisser vivre après tout ce qu’elle a causé.

Je la condamne donc à la damnation éternelle.

Je la transforme en Immortelle.

Et, au moment où je plante mes crocs dans sa gorge, quelque chose me trouble.

Ce geste me semble étrangement familier.

Je ne comprends pas pourquoi.

Acte VIII
XVIe-XVIIe siècle

Le prisonnier

Pendant ce temps, les chasseurs ont évolué. Encore primitifs quelques décennies plus tôt, leurs organisations se sont développées jusqu’à devenir une véritable menace pour notre espèce.

Je fais preuve d’imprudence en me nourrissant et ils parviennent à me capturer. Je suis soumis à leurs expériences.

Les années passent.

Je ne suis plus qu’un spécimen pour eux. Ils m’étudient, me testent, me traitent comme une bête. Je n’ai plus aucun contrôle sur ma propre existence. Je ne sais plus depuis combien de temps je suis enfermé ici, ni combien de temps ça va encore durer.

Peu à peu, je cesse de me voir comme un homme. Je ne suis plus pour eux qu’un monstre à étudier. Et à force de les entendre me traiter comme tel, j’ai peur de finir par le croire moi-même.

J’ai peur d’oublier comment me comporter comme un homme.

Acte IX
XVIIe siècle

La fin

Puis quelque chose change.

Après tant d’années passées entre leurs mains, je commence à voir les chasseurs autrement.

Ils veulent nous comprendre. Ils cherchent un moyen de nous soigner.

Je repense à tout ce qu’ils m’ont fait subir. Pour la première fois, je me demande si j’ai mal compris leurs intentions depuis le début.

Ils n’ont peut-être jamais voulu me faire du mal.

Au contraire.

Ils ont toujours voulu mon bien.

Cette idée me bouleverse. Après les avoir considérés pendant si longtemps comme mes ennemis, je finis par croire qu’ils essaient de me sauver.

J’apprends qu’Anna a elle aussi été capturée.

Je la retrouve parmi les prisonniers. Elle me réclame la vie que je lui ai volée lorsque je l’ai transformée. Elle me supplie de mettre fin à ses souffrances.

Elle veut que je lui accorde enfin la délivrance.

Mais je refuse.

Je ne peux pas lui donner cette mort.

Je reste parmi les chasseurs.

Ils poursuivent leurs recherches. Je les laisse faire, convaincu qu’ils finiront par trouver un moyen de nous sauver.

Je ne reverrai pourtant jamais la lumière du jour. Année après année, mon corps s’affaiblit jusqu’à finir par céder.

Fin de la partie

Me suivre
X In Fb YT
Eudes de Valmont

Mon frère aîné, qui m’accuse publiquement 🪦

Hugues

Mon ancien maître d’armes, qui m’a aidé à m’enfuir. 🪦

Anette

L’une de mes servantes, qui a découvert le corps de la servante que j’aurais soi-disant tuée. 🪦

Arnaud de Clairvaux

Immortel
Ancien juge devenu Immortel, convaincu de pouvoir discerner la culpabilité des hommes. Je le rencontre alors que je suis en fuite et il me juge coupable du meurtre dont on m’accuse dans une parodie de procès ; il me transforme en Immortel comme punition éternelle pour mon crime.

Jon

Un orphelin que j’ai recueilli et qui me sert 🪦

Julie

Une femme que j’ai sauvé de la noyade et qui s’est rendue compte que je ne respire pas (suspicieuse). Les villageois me surnomment « Le Zombie ». 🪦

Gilbert

Un marchand un peu étrange qui vend des objets mystiques 🪦

Alf

Un voleur qui m’a aidé à m’échapper de ma cellule, il a vu mon corps se consumer presque entièrement 🪦

Louis Thellier

Immortel
Un autre Infant d’Arnaud, puni de la même manière que moi.

Anna de Bellerive

Comtesse, nous échangeons par lettres, j’en suis amoureux.

Immortelle
Mon Infante, je l’ai condamné à la damnation éternelle suite à ce qu’elle m’a fait

Thibaut de Valmont

Mon futur « fils », héritier de la famille de Valmont aujourd’hui presque éteinte. 🪦

Géraud de Boisfort

Fils ainé d’une famille noble, convoite la même jeune femme que Raoul de Courval 🪦

Raoul de Courval

Fils ainé d’une famille noble, convoite la même jeune femme que Géraud de Boisfort 🪦

Sam

Un enfant persécuté par d’autres enfants plus âgé, je me suis occupé du problème 🪦

Gilbert de Rouan

Ami d’enfance d’Anna, dirige la traque contre moi, défiguré lors de notre première confrontation 🪦

Mildred de Beaufort

Une mortelle à la tête d’une organisation de chasseurs

Soyez le premier à commenter

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Derniers articles

Compte rendu

Alone Among the Stars

Alone Among the Stars est un petit jeu de rôle solo minimaliste, dans lequel nous incarnons un explorateur qui voyage [...]